Un déménagement se prépare : que faire avec votre chat ?

 

Que l’on déménage pour des questions de confort ou par obligation, viendra toujours se poser les questions fatidiques pour les propriétaires de chats : l’emmène-on avec nous ? Comment va-t-il supporter ce changement ? Comment procéder pour que cela se passe au mieux ? Voici donc quelques explications et conseils.

 

Concernant le changement en lui-même, il est évident que pour un chat comme pour un humain, un déménagement est loin d’être un évènement anodin. Rares sont les chats qui arrivent dans leur nouveau logement et semblent y avoir toujours habité, sans montrer aucun signe d’inquiétude. Très souvent, il faudra plusieurs semaines (ou plusieurs mois pour les plus fragiles émotionnellement) pour que le chat se fasse à son nouveau territoire. On échappe rarement à des pipis ou cacas faits en dehors de la litière, à des vomissements parfois, à des « crises de folies » souvent. Le chat devient pendant cette période soit plus agressif, ou au contraire plus collant que jamais, mais aussi un peu dépressif parfois. Le temps qu’il retrouve des points de repères, des lieux de tranquillité et de refuge, il est désorienté, et cela influe sur son humeur. La patience vis-à-vis de lui est le meilleur des remèdes.

Si vous avez l’occasion de lui montrer les lieux avant l’emménagement (sous condition de pouvoir y rester au moins deux ou trois jours), c’est un plus. Ainsi, il connaîtra déjà les lieux et cela facilitera un peu la transition. Mais si vous n’en avez pas la possibilité, alors votre chat doit être le dernier à venir intégrer les lieux. Dans l’idéal, vous l’aurez confié à une personne qu’il connaît bien un peu avant le déménagement (vous lui épargnez ainsi de voir la maison se vider et que cela le fasse paniquer), et vous le récupérez quand votre nouveau logement est habitable et déjà bien aménagé. Ainsi, vous lui épargnez également d’atterrir dans un lieu inconnu où l’on bouge encore les meubles et où il y a des cartons qui vont et viennent en permanence. Il doit y être introduit quand on est sûr que plus grand chose ne sera déplacé. Cela lui permet surtout de pouvoir d’entrée de jeu trouver des lieux de refuge stables et sûrs. Rien de plus angoissant pour un chat de ne jamais pouvoir se poser dans un endroit fixe et rassurant !

La grande question qui se pose pour un déménagement, est généralement liée à la surface : emménager dans un lieu plus spacieux avec un jardin en prime ne génère pas beaucoup d’inquiétudes. Mais quand il s’agit de venir vivre en ville ou dans un logement plus petit, les questions se bousculent.

Inévitablement, si l’espace est radicalement plus petit, le chat en souffrira un peu. Il faudra prévoir en conséquence plus de jeux mis à sa disposition (et plus d’activité avec vous), et des possibilités de sorties dans la cage d’escalier ou dans la cour de l’immeuble par exemple pour faire varier ses horizons.

Cela se complique vraiment si le chat était habitué à vivre à l’extérieur ou s’il avait accès à un jardin. Même si certains chats supportent ce changement, ils restent cependant rares, et malheureusement, on doit bien souvent prendre une terrible décision : le donner à quelqu’un qui puisse lui offrir les mêmes conditions de vie. Les troubles comportementaux graves apparaissent bien souvent dans les cas où le chat ne peut plus assouvir ses activités habituelles se retrouvant entre quatre murs d’un nouveau logement urbain. C’est dur à dire, mais c’est pourtant une réalité…

On peut toujours faire l’essai, mais il faut savoir que c’est au bout de quelques semaines voire plus que les troubles apparaissent. Et quand ils s’installent, il est déjà un peu tard. Autant prendre une décision avant de déménager.

Cependant, une autre solution est envisageable : lui offrir un nouveau compagnon, et ce, plusieurs semaines avant le déménagement, pour que vous soyez sûr qu’ils s’entendent bien et soient de bons copains de jeu. Ainsi, en compensation avec l’impossibilité de sortir à l’air libre, il pourra quand même se dépenser avec son nouvel ami. Même si l’espace est plus petit, mieux vaut le partager à deux que seul…

Enfin, il est évident que certains chats sont inégaux fasse à un tel changement. Les chatons mal sevré, les vieux chats, les peureux ou anxieux de nature seront plus que les autres sensibles à tout cela. Et il faudra redoubler de précautions pour qu’ils puissent aborder ce changement le mieux possible. Il peut être dans tous les cas très utile de faire appel à un(e) comportementaliste pour demander des conseils personnalisés et ainsi éviter de faire des erreurs et assurer au mieux le bien être de votre minou.

Florence Cailliot-d'Ivernois
Ethologue, comportementaliste spécialisée dans le comportement du chat
www.comportementaliste-chat.com

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